L'intrigue : quand l'hypnose chamboule une relation
Le film « Sous hypnose » plonge le spectateur dans l'intimité d'André et Vera, un couple uni par l'amour et un projet commun : lancer leur application de santé féminine « Epione » lors d'un concours de start-ups décisif. Leur vie semble parfaitement maîtrisée, organisée, alignée sur les attentes sociales et professionnelles.
Tout bascule le jour où Vera, souhaitant arrêter de fumer, se rend à une séance d'hypnothérapie. Ce geste anodin, presque banal, déclenche une transformation radicale. Dès lors, Vera perd tout contrôle de ses inhibitions.
Elle s'invente un chihuahua invisible, accumule des commandes de lait sans jamais payer, et adopte un comportement excentrique qui déstabilise profondément André.
Face à cette perte de contrôle, André, qui pensait incarner la stabilité, réagit avec panique. Il craint que l’attitude de Vera ne compromette leur présentation, mais aussi l’image qu’ils projettent. Sa réaction va bien au-delà de la simple inquiétude : il envisage des mesures extrêmes, comme l’assommer avec des somnifères.
Ce basculement révèle non seulement la fragilité de leur équilibre, mais aussi la violence potentielle qui sommeille sous une façade de normalité.
Quel type de réaction auriez-vous face à un changement radical chez votre partenaire ?
Question 1 : Votre partenaire adopte soudain un comportement inattendu et excentrique. Que faites-vous ?
Analyse des thèmes : couple, identité et adaptation sociale
Derrière l’humour noir et l’absurde, « Sous hypnose » creuse des questions existentielles. La transformation de Vera n’est pas une guérison, mais une libération, une libération qui devient rapidement déstabilisante. Le film interroge ce que signifie « être soi-même ».
Est-ce se libérer de toutes les règles sociales, même celles qui structurent notre vie en commun ? Vera, en cessant d’être « polie », « mesurée » ou « prévisible », devient-elle plus authentique ? Ou bascule-t-elle dans une forme de chaos qui la rend incompréhensible aux yeux de ceux qu’elle aime ?
La question du rôle social est centrale. Vera, comme beaucoup, joue plusieurs rôles : celle du partenaire aimante, de l’entrepreneuse performante, de la femme « convenable ». L’hypnose brise ces masques, la laissant nue face à ses désirs, même les plus irrationnels.
Le film montre avec une certaine ironie combien ces rôles sont étouffants, mais aussi combien leur absence peut être dangereuse pour les relations humaines.
Ce questionnement s’étend à la dynamique du couple. André, qui se perçoit comme un homme moderne, à l’écoute, se révèle incapable de tolérer que son équilibre soit menacé. Son désir de contrôle n’a rien de subtil : il veut que Vera redevienne celle qu’il connaît, celle qui ne le met pas mal à l’aise.
Cette réaction soulève une question dérangeante : acceptons-nous vraiment l’autre, ou seulement ce qu’il représente dans notre propre scénario ?
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Un regard critique sur le personnage masculin
Le film ne se contente pas d’observer Vera. Il met aussi André face à lui-même. Ce personnage, à première vue compréhensif, se révèle profondément égocentrique.
Son incompréhension face à Vera n’est pas de la protection, mais de l’auto-préservation. Il ne craint pas pour elle, mais pour leur projet, leur image, leur place dans le monde. Ce portrait est d’autant plus incisif qu’il ne tombe pas dans la caricature.
André n’est pas un méchant, mais un homme piégé par ses propres attentes, par sa vision ordonnée du monde.
Le réalisateur, Ernst De Geer, exploite cette ambiguïté avec finesse. Il ne condamne pas André, mais l’expose. Il montre comment même les personnes les plus « bienveillantes » peuvent basculer dans le contrôle lorsqu’elles perdent leurs repères.
Cette exploration psychologique évite les facilités : il n’y a pas de héros ni de méchant, seulement des individus aux prises avec leurs limites.
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La réalisation et le ton du film
Ernst De Geer signe ici son premier long métrage avec une maîtrise surprenante. Il choisit un ton de comédie noire, proche parfois de l’humour scandinave traditionnel, mais parvient à s’en affranchir par son audace narrative et son refus de la consolation. Le réalisateur ne cherche pas à rassurer : il pousse les situations à leur paroxysme, confrontant le spectateur à des choix moraux dérangeants.
L’absurde est ici un outil de dévoilement. En poussant Vera à des comportements extrêmes, le film expose les mécanismes sociaux que nous refoulons. La scène du lait non payé n’est pas seulement drôle : elle révèle la violence implicite des échanges sociaux, où tout repose sur des règles non dites.
Quand Vera les ignore, c’est tout l’édifice qui vacille.
Distribution et production
Le film est porté par deux interprétations remarquables. Asta Kamma August incarne Vera avec une justesse troublante, oscillant entre innocence, défi et vulnérabilité. Herbert Nordrum, en André, campe un personnage à la fois sympathique et profondément dérangeant, dont la fragilité masculine est mise à nu avec une grande économie de moyens.
La coproduction franco-norvégo-suédoise s’appuie sur des sociétés reconnues comme Film i Väst, Mer Film AS, Totem Atelier, Garagefilm International et Filmreaktor. Cette alliance transnationale reflète une esthétique cinématographique partagée, entre retenue émotionnelle et audace narrative.
Réception critique et disponibilité
Le film a été présenté dans plusieurs festivals internationaux, dont Karlovy Vary et Premiers Plans d'Angers, où il a reçu un accueil critique positif. Sur AlloCiné, il obtient une moyenne presse de 3,4 sur 5, avec des éloges notamment de Libération, Le Point ou Les Inrockuptibles. Le public lui attribue une note de 3,2, soulignant l’originalité du propos, même si certains trouvent le ton parfois trop froid.
Disponible en VOD sur des plateformes comme Canal VOD, VIVA, SOONER et Prime Video, « Sous hypnose » s’inscrit dans la lignée du cinéma d’auteur européen, offrant une réflexion incisive sur les relations modernes. Sa durée, d’environ 99 minutes, permet une immersion dense, sans temps mort.
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Questions fréquentes
Quel est le genre du film « Sous hypnose » ?
Le film est classé comme une comédie dramatique, avec des éléments de comédie noire et d'absurde. Il s’inscrit dans le cinéma d’auteur européen, explorant des thèmes psychologiques et sociaux à travers un ton décalé.
Qui sont les acteurs principaux ?
Le film met en scène Asta Kamma August dans le rôle de Vera et Herbert Nordrum dans celui d’André. Andrea Edwards joue également un rôle important en tant que Lotta.
De quel pays provient le film ?
« Sous hypnose » est une coproduction franco-norvégo-suédoise, reflétant une collaboration artistique entre la France, la Norvège et la Suède.
Quelle est la durée du film ?
La durée officielle du film est de 99 minutes, soit environ 1 heure et 39 minutes.
Le film est-il basé sur une histoire vraie ?
Non, l’histoire est une fiction écrite par Ernst De Geer et Mads Stegger. Elle s’inspire toutefois de dynamiques relationnelles réelles et de questionnements sur l’identité et l’adaptation sociale.
Où peut-on regarder « Sous hypnose » ?
Le film est disponible en vidéo à la demande sur plusieurs plateformes, notamment Canal VOD, VIVA, SOONER et Prime Video. La disponibilité peut varier selon les régions.
Quand le film est-il sorti ?
Le film a été présenté en festival en 2023, avec une sortie en salles en France prévue pour juin 2025.
Quel est le message principal du film ?
Le film interroge la notion d’identité dans le couple et en société. Il montre combien nos comportements sont façonnés par des attentes sociales, et ce qui advient lorsque l’un des partenaires cesse de jouer le jeu. Il ne propose pas de réponse, mais invite à la réflexion.